Le baobab de Madagascar se décline en six espèces endémiques, contre une seule pour toute l’Afrique continentale. L’île concentre ainsi la plus grande diversité de baobabs au monde, de la pointe Nord au Sud-Ouest épineux. L’Allée des Baobabs, près de Morondava, reste le site le plus visité. Kirindy, Ifaty et la région de Diego abritent d’autres géants.
- Espèces : 8 espèces dans le monde, 6 endémiques de Madagascar.
- Site phare : l’Allée des Baobabs, sur la piste Morondava – Belo-sur-Tsiribihina.
- Le plus gros : Tsitakakantsa, dans la forêt d’Andombiry, près de Morombe.
- Meilleure période : de juin à octobre, arbres sans feuilles et pistes praticables.
- Statut : trois espèces classées menacées sur la liste rouge de l’UICN.
Pourquoi Madagascar est le pays des baobabs
Six des huit espèces de baobabs connues poussent uniquement à Madagascar. Le genre Adansonia compte aussi une espèce africaine, Adansonia digitata, présente sur la côte Nord-Ouest de l’île. La huitième, Adansonia gregorii, vit dans le nord de l’Australie.
Cette diversité tient à l’isolement de l’île. Isolée depuis des millions d’années, Madagascar a vu ses baobabs évoluer en vase clos dans ses forêts sèches. Les Malgaches appellent le plus grand d’entre eux renala, « la mère de la forêt ».
Les six espèces de baobabs endémiques de Madagascar
Chaque espèce occupe une région et se reconnaît à sa silhouette. Le baobab de Grandidier domine l’Ouest, le za couvre l’Ouest et le Sud, le fony peuple le Sud-Ouest. Les trois espèces du Nord restent plus discrètes et plus rares.
| Espèce | Région | Silhouette |
|---|---|---|
| Adansonia grandidieri (baobab de Grandidier, renala) | Ouest, entre Morombe et Morondava | Tronc lisse et cylindrique, écorce gris rougeâtre, une trentaine de mètres |
| Adansonia za (za) | Ouest et Sud, la plus répandue | Tronc large à la base, qui s’affine vers le sommet |
| Adansonia rubrostipa (fony) | Sud-Ouest, forêt épineuse d’Ifaty | La plus petite, en forme de bouteille, écorce rougeâtre |
| Adansonia madagascariensis (baobab de Madagascar) | Nord et Nord-Ouest, de Diego au Sambirano | Tronc en bouteille ou cylindrique, houppier irrégulier |
| Adansonia perrieri (baobab de Perrier) | Nord : Ankarana, Montagne d’Ambre | Tronc cylindrique, environ 30 mètres, très rare |
| Adansonia suarezensis (baobab de Suarez) | Pointe Nord, baie de Diego-Suarez | Tronc cylindrique, jusqu’à 25 mètres |
Le fony se reconnaît au premier coup d’œil : un tronc ventru, court, coiffé de branches fines. À l’inverse, le baobab de Grandidier dresse un fût lisse et régulier jusqu’à une trentaine de mètres. Le za s’élargit à la base et se rétrécit franchement vers le haut.
Où voir des baobabs à Madagascar

L’Ouest, autour de Morondava, offre les sites les plus accessibles. En une journée, on enchaîne l’Allée des Baobabs, les baobabs amoureux et le baobab sacré. La forêt de Kirindy se visite sur la même piste, un peu plus au nord.
Dans le Sud de Madagascar, la réserve Reniala, près d’Ifaty, protège un bout de forêt épineuse. On y marche au milieu des baobabs fony entre euphorbes et didiéracées. Plus au nord, la forêt d’Andombiry, près de Morombe, cache les plus gros baobabs de Grandidier connus.
Autour de Diego-Suarez, trois espèces se partagent la pointe Nord. Le baobab de Suarez pousse près de la baie, le baobab de Madagascar longe la côte Nord-Ouest. Le rare baobab de Perrier se cache dans l’Ankarana et sur la Montagne d’Ambre. Plusieurs parcs nationaux du Nord abritent ces peuplements.
| Lieu | Espèce | Accès |
|---|---|---|
| Allée des Baobabs | A. grandidieri | Piste de Belo-sur-Tsiribihina, à quelques kilomètres de Morondava |
| Baobabs amoureux | A. za, deux troncs enlacés | Piste vers Kirindy, au nord de l’Allée, 4×4 conseillé |
| Baobab sacré | Grand baobab isolé, offrandes au pied | Même secteur que l’Allée, avec un guide local |
| Forêt de Kirindy | A. grandidieri, A. za, A. rubrostipa | Même piste, plus au nord, demi-journée |
| Réserve Reniala, Ifaty | A. rubrostipa (fony) | Route côtière au nord de Toliara, visite à pied |
| Forêt d’Andombiry | A. grandidieri géants, dont Tsitakakantsa | Environ deux heures de piste depuis Morombe |
| Région de Diego-Suarez | A. suarezensis, A. madagascariensis, A. perrieri | Baie de Diego, Ankarana, Montagne d’Ambre |
Dormez à Morondava deux nuits au moins. Vous gagnez deux lumières sur l’Allée. Coucher de soleil le premier soir, lever du jour le lendemain, presque sans visiteurs.
L’Allée des Baobabs près de Morondava
L’Allée des Baobabs borde la piste qui relie Morondava à Belo-sur-Tsiribihina, à quelques kilomètres de la ville. Une douzaine de baobabs de Grandidier, hauts d’une trentaine de mètres, encadrent quelques centaines de mètres de piste rouge. C’est l’image la plus diffusée de Madagascar.
Le site a reçu une protection temporaire en juillet 2007. Il est classé aire protégée depuis 2015, dans la catégorie « monument naturel ». L’ONG malgache Fanamby en assure la gestion avec les villages voisins. Comptez une heure sur place pour parcourir l’Allée d’un bout à l’autre.
Le coucher de soleil reste le moment le plus recherché. Les troncs se découpent sur un ciel orange et la piste se remplit de 4×4 une heure avant. Le lever du jour offre la même lumière, inversée, avec moins de monde.
En saison des pluies, de décembre à mars, les pistes vers Kirindy et Belo deviennent boueuses, parfois coupées. L’Allée, proche de Morondava, reste accessible presque toute l’année. Prévoyez un 4×4 et une journée de marge pour aller plus au nord.
Depuis Morondava
Excursion à l’Allée des Baobabs et dans l’Ouest
Coucher de soleil sur l’Allée, baobabs amoureux, Kirindy ou Tsingy : réservez avec un guide local.
Le plus gros baobab de Madagascar
Le plus gros baobab connu de l’île s’appelle Tsitakakantsa. Ce baobab de Grandidier pousse dans la forêt d’Andombiry, à deux heures de piste de Morombe, dans le Sud-Ouest. Sa circonférence dépasse celle de tous les autres baobabs recensés sur l’île.
Son nom malgache décrit un tronc si large qu’on n’entend pas chanter de l’autre côté. Les villageois l’ont déclaré sacré en 2018, une fois son record reconnu. Chaque visite passe par une offrande de rhum ou de miel déposée au pied de l’arbre.
Le géant est en train de mourir. La tempête tropicale Jude, en mars 2025, a inondé son tronc creux. Au printemps 2026, les spécialistes ont confirmé un déclin irréversible, après la chute d’une grosse branche. Un baobab mort s’effondre vite : son tronc gorgé d’eau pourrit en quelques mois.
Un baobab n’a pas de cernes lisibles : son âge se mesure au carbone 14. Les âges annoncés pour les géants varient donc beaucoup d’une source à l’autre.
Un arbre menacé
Trois des six espèces endémiques figurent sur la liste rouge de l’UICN comme menacées. Le baobab de Grandidier et celui de Suarez sont classés en danger. Le baobab de Perrier est en danger critique, avec moins de 250 arbres adultes sur une dizaine de sites.
La première menace reste le défrichement. Les forêts sèches de l’Ouest reculent devant les rizières, la canne à sucre et les cultures sur brûlis. Les feux de brousse, allumés pour rafraîchir les pâturages, brûlent les jeunes pousses et bloquent la régénération. Autour de l’Allée, presque aucun jeune baobab ne pousse.
Les vieux géants tombent aussi d’eux-mêmes. Un baobab creux, gorgé d’eau, résiste mal aux cyclones, comme le montre l’agonie de Tsitakakantsa. Dans le Nord, le baobab de Suarez peine à se reproduire : aucun animal connu ne disperse ses graines. Charbon de bois et mines rongent les derniers baobabs de Perrier.
Quand photographier les baobabs
De juin à octobre, la saison sèche donne les silhouettes les plus graphiques. Les baobabs perdent leurs feuilles, et les branches nues se détachent sur le ciel comme des racines dressées. Les pistes sont sèches et le ciel dégagé au coucher du soleil.
La lumière du soir reste la référence à l’Allée. Arrivez une heure avant que le soleil se couche et travaillez à contre-jour. Le matin, la lumière vient de l’autre côté, plus douce, avec moins de poussière soulevée par les véhicules.
La floraison dépend de l’espèce. Le baobab de Grandidier fleurit de mai à août, avec de grandes fleurs blanches qui jaunissent. Le za fleurit de novembre à février, le fony et le baobab de Madagascar de février à avril. Le baobab de Suarez fleurit de fin mai à début juillet, celui de Perrier en novembre et décembre.
Questions fréquentes
Où voir des baobabs à Madagascar ?
L’Allée des Baobabs, près de Morondava, reste le site le plus simple d’accès. La forêt de Kirindy, la réserve Reniala à Ifaty et la région de Diego-Suarez complètent la liste.
Où se trouve le plus gros baobab de Madagascar ?
Tsitakakantsa pousse dans la forêt d’Andombiry, à deux heures de piste de Morombe, dans le Sud-Ouest. Ce baobab de Grandidier sacré décline depuis la tempête Jude de mars 2025.
Qu’est-ce que le baobab malgache ?
L’expression désigne les six espèces d’Adansonia qui ne poussent qu’à Madagascar. Une seule porte ce nom en latin, Adansonia madagascariensis, un baobab du Nord au tronc souvent en bouteille.
Quel est l’arbre emblématique de Madagascar ?
Le baobab de Grandidier, celui de l’Allée, incarne l’île sur les affiches. Le ravinala, ou arbre du voyageur, partage ce statut de symbole national avec lui.